Le site de Plovdiv est continûment occupé depuis 8000 ans ce qui en ferait la ville le plus ancienne d’Europe, voire du monde. Cela ne peut que me plaire.
Et pour faire bonne mesure j’ai commencé ma journée de bon matin en grimpant le Nebet Tepe, une des sept collines de Plovdiv. On y a trouvé des traces d’habitat datant d’entre 5000 et 6000 av JC. Plus tard les Thraces puis les Romains y construiront une forteresse. Les vestiges sont difficiles à lire, mais au moins on a une belle vue sur la ville, dont la colline que j’ai grimpée hier soir.
On accède à Nebet Tepe par la vieille ville qui est le plus beau quartier de Plovdiv.
Je commence à avoir un peu l’habitude : des rues pavées de grosses pierres, des maisons colorées et imposantes ceintes de hauts murs. Les églises aussi sont isolées de la rue par un mur, au point que je suis parfois passé devant sans m’en rendre compte.
Hasard ou coïncidence, je suis tombé plusieurs fois sur des baptêmes, y compris à Sofia la semaine dernière (ça fait déjà une semaine !)
Certaines maisons peuvent se visiter, j’en ai choisi deux : les maisons Balabanov et Hindliyan.
La maison Balabadov date du début du XIXème siècle.
Elles est particulièrement imposante. L’étage noble est entièrement en bois et ses plafonds sont richement décorés. Elle abrite fréquemment des expositions de peinture et des concerts.
L’autre maison que j’ai visitée est voisine, c’est la maison Stepan Hindliyan, du nom de son propriétaire. Riche marchand arménien nommé Stepan Manouk, il gagna son surnom Hindlyan du fait de son commerce actif avec l’Inde.
La décoration de la maison est somptueuse, faite de boiseries et de fresques murales. Coïncidence amusante, certaines d’entre elles évoquent Venise et Stockholm, probablement des villes avec lesquelles M. Manouk était en affaire.
Dans le salon, une fontaine diffuse de l’eau de rose qui embaume toute l’étage.
A l’époque romaine, Plovdiv était une capitale régionale connue sous le nom de Philippopolis.
Le plus beau monument de cette époque est le théâtre, accessible depuis la vieille ville.
Comme souvent, les Romains ont été malins, le théâtre de Philippopolis épouse le relief du terrain. Ici il s’étend entre deux collines de Philippopolis. Il aurait été construit dans les années 90 du 1er siècle av JC et pouvait recevoir 6 000 spectateurs.
Il a été redécouvert dans les années 1960 et restauré en utilisant autant que possible les éléments d’origines.
Aujourd’hui il accueille toujours des spectacles, avec une capacité de 3 000 places.
Hier il était fermé en raison d’un championnat du monde d’aviron. Heureusement que j’ai pu y aller aujourd’hui.
Philippopolis avait aussi un odéon (un petit théâtre, comme à Nicopolis ad Istrum) et un forum, mais ils ne sont pas visitables en ce moment à cause de travaux.
Mais il est un autre vestige romain de Philippopolis que l’on ne peut pas rater : son stade.
Dans la Rome antique, le stade est principalement réservé aux courses de chars, très populaires à l’époque (souvenez-vous de « Ben Hur »). Le plus grand et le plus entier que j’ai vu est le Circus Maximus à Rome. Il semblerait que des combats de gladiateurs ou des épreuves sportives (courses, lancers) y étaient également organisés, car Philippopolis n’avait pas d’amphithéâtre.
Le stade date de la même époque que le théâtre. Il mesurait 240 mètres de long pour 50 de large et pouvait accueillir 30 000 spectateurs. Il a été redécouvert dans les années 1920, mais fouillés activement dans les années 1970 seulement. L’aménagement actuel date de 2013. Les gradins de l’extrémité du stade ont été dégagés et intégrés au tissu urbain actuel. J’aime beaucoup.
Le reste du stade s’étend aujourd’hui sous la principale rue piétonne de Plovdiv. Quelques sculptures du stade sont aujourd’hui exposées au musée.
Un film en 3D permet d’avoir une idée du monument et de ce qui s’y passait à l’époque.
La rue piétonne est elle-même très agréable, et c’est assez fascinant de penser, comme le rappellent des panneaux explicatifs, qu’un monument antique si important est là, juste sous nos pieds.
Mais la vraie question est la suivante : comment un bâtiment de 240×50 mètres peut disparaître pendant presque 2000 ans ?
Plovdiv est une ville très agréable et je suis très content de mon séjour, bien qu’un peu court.
C’est que ma prochaine étape est à trois heures de route environ, et j’ai encore quelque chose à voir avant de partir.
Le musée de l’aviation bulgare est justement installé sur l’aéroport de Plovdiv, à quelques kilomètres du centre-ville.
Bien sûr la Bulgarie n’est pas un grand pays aéronautique, mais ça n’empêche pas de passer un peu de temps au grand air entre des avions et hélicoptères soviétiques pour la plupart.
Ensuite j’ai pris la route pour Bansko, dans l’ouest du pays.
A mi-chemin, j’ai quitté la plaine bulgare pour grimper dans la montage, et le paysage est devenu plus alpin.
Bansko, 925 mètres d’altitude, est une station de sport d’hiver. La saison estivale se termine et on est loin de la saison hivernale, donc c’était un peu le désert quand j’y suis arrivé vers 19h, juste avant la tombée de la nuit (il fait nuit assez tôt en cette saison).
Mais il y avait quand même des restaurants ouverts.
J’ai trouvé un excellent plat d’agneau (enfin), que j’ai toutefois dû partager avec un chat et même un chien, pour changer.
La fin du voyage approche : je remonte vers Sofia pour une dernière nuit.








