De Venise à Padoue

La Brenta est aujourd’hui un paisible canal qui relie, grosso-modo, Venise à Padoue. Importante artère commerciale à l’époque de l’apogée de la République de Venise, il est aujourd’hui emprunté par des bateaux de touristes en excursion.
Les riches familles vénitiennes aimaient se faire construire d’imposantes villas le long de ce canal, pour avoir un pied à terre loin de l’agitation de la Sérénissime, mais aussi au milieu des domaines agricoles, sources de richesses.
J’ai suivi ce canal depuis Malcontenta, où j’ai passé la nuit dernière, jusque Padoue. Chemin faisant j’ai vu un certain nombre de ces villas, mais on ne peut pas s’arrêter partout et j’en ai visité deux parmi les plus célèbres : les villas Foscari et Pisani.

La villa Foscari, à Malcontenta, a été commandée par la famille Foscari à l’architecte Palladio dans les années 1570.

Villa Foscari

Palladio était l’architecte à la mode et plusieurs villas de la région sont de son oeuvre. Dans les traités d’architecture on les appelle les villas palladiennes.
On ne visite que le premier étage de la villa Foscari, l’étage noble (« Piano nobile »). Ses murs et plafonds sont entièrement couverts de fresques qui représentent des scènes de la mythologie antique ou des Métamorphoses d’Ovide. Des détails architecturaux en trompe-l’oeil rehaussent l’ensemble.

Dans la villa Foscari

La villa Foscari est de taille assez modeste mais sa décoration est fantastique et mérite la visite, mais il fait bien calculer son coup (comme moi) : elle n’est ouverte au public que les mardis et samedis matin.

Après la ville Foscari, je suis retourné vers Venise et plus précisément Marghera, sur la terre ferme mais au plus proche de la ville. Un fort y a été bâti au XIXème siècle pour protéger la ville d’une éventuelle attaque par la terre.
Aujourd’hui très peu des bastions d’origine sont encore visibles, hélas, et le fort héberge quantité d’associations culturelles ou de protection de la nature. Les amis des chats y sont particulièrement actifs et les matous sont peinards dans leurs petites maisons individuelles avec des montagnes de croquettes à volonté.

Le village des chats

Après cette courte digression félino-bastionnée, j’ai rejoint le cours de la Brenta jusqu’à la villa Pisani, qui dispose de son embarcadère comme toute maison sérieuse dans le secteur.

Villa Pisani

Par rapport à la villa Foscari, on change d’échelle et d’époque. Pas de Palladio ici puisque la construction date du début du XVIIIème siècle. La famille Pisani était puissante et la villa a été construite à son apogée, quand l’un de ses membres a été nommé doge en 1735. La situation financière de la Famille s’est par la suite dégradée, jusqu’en 1807 où le palais a été vendu à Napoléon 1er. Il y a peu séjourné avant de le céder à Eugène de Beauharnais, fils de Joséphine, fait vice-roi d’Italie et prince de Venise.
Une partie des salles sont donc décorées dans un style Empire.

Le salon des dames

Pour le même prix qu’à la villa Foscari (10€) on visite un palais royal agrémenté d’un important parc.

Villa Pisani

La pièce maîtresse et centrale du palais est son immense salle de bal.

La salle de bal

Le plafond propose une gigantesque fresque qui met en scène le doge Pisani, intercesseur entre l’Italie et l’Europe. Le plafond semble être en relief mais ici aussi ce n’est qu’un trompe-l’oeil.
La visite s’imposait !

Je suis arrivé à Padoue vers 18h.

Après la banale pizza d’hier soir (quand on arrive à 22h on ne fait pas le difficile), je me suis bien rattrapé ce soir.

Sardines avec compotée d’oignons, raisins secs et pignons
Salade de poulpes et pommes de terre
Tarte poire-chocolat

Je reste ici deux nuits, donc demain je visite Padoue.

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